Signé par : Isabelle Pelletier


Ça y est. Les couleurs chaudes de l’automne apparaissent, le fond de l’air est frais et le Canadien de Montréal entame sa saison. Avec une victoire contre Toronto, rien de moins.

Le Québec est résolument en changement de saison.

Et le paysage politique n’y échappe pas.

En cette fin de campagne électorale, les sondages semblent faire ressortir une tendance nette : le désir de changement des Québécoises et des Québécois. Et celui-ci est clair : près de trois sur quatre souhaitent qu’un nouveau parti dirige le Québec.

Selon les derniers sondages, le Parti québécois semble le mieux placé pour en profiter, lui dont les intentions de vote n’ont pratiquement pas bougé depuis le début de la campagne — autour de 30 %.

Et les autres? Toujours selon les chiffres les plus récents, deux trajectoires se démarquent : celle de Christine Fréchette, perdante de cette campagne, et celle d’Éric Duhaime, qui en ressort gagnant.

Dans les dernières semaines, après les débats et quelques cycles de nouvelles négatives, Christine Fréchette a vu ses appuis reculer. Elle est en voie de perdre son pari : convaincre les électeurs qu’un changement à la tête de la CAQ pouvait répondre à leur désir de changement.

Éric Duhaime, dont le parti n’a encore fait élire personne lors d’une élection générale, pourrait dépasser son objectif de 12 députés grâce à une percée dans certaines régions.

Pour Charles Milliard, l’aiguille bouge un peu, mais pas suffisamment pour atteindre le pouvoir. Il se dirige plutôt vers le rôle de chef de l’opposition officielle. 

Le parti de Ruba Ghazal pourrait quant à lui faire élire de 5 à 8 députés.

Tous ces chiffres, évidemment, sont des projections basées sur des sondages compilés par les sites qc125.com et route127.ca.

Dans une course aussi imprévisible que serrée, les jeux ne sont pas faits : selon route127.ca, l’écart entre les deux premiers candidats demeure de 3 points ou moins dans 13 circonscriptions. Chiffres familiers pour le PQ, ce même site lui donne 51 % de chances de former un gouvernement minoritaire, contre 49 % pour un gouvernement majoritaire.

À quelques jours du vote, qu’est-ce qui peut encore faire bouger l’aiguille?

Va-t-on finalement dégager la question de l’urne? Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais entre la possibilité d’un référendum, la place de la monarchie, l’immigration et la stabilité économique, rien ne semble réellement se démarquer.

Les programmes électoraux? La cacophonie à cinq partis rend difficile de distinguer les priorités et les solutions proposées.

Faute de contenu clair, on se tourne vers les impressions… À qui fait-on confiance? Qui dégage le plus d’assurance? Qui voit-on à la tête du Québec?

Bref, après cette longue campagne, il semble rester plus de questions que de réponses. Et les critères subjectifs semblent prendre le dessus.

Parmi les inconnues demeurent, comme en début de campagne, les réalités et les choix locaux, le taux de participation et le choix des très nombreux indécis.

Tout peut encore arriver, mais une chose demeure : le Québec change de saison. Et de génération politique. Reste à voir ce que cette nouvelle génération fera du désir de changement.

Bienvenue à l’automne et surtout, allez voter!