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Élections québécoises: c’est parti!

By 1 septembre 2026No Comments

Signé par : Isabelle Pelletier


Le repêchage est en grande partie terminé, bien que la date finale soit plus tard en septembre.  Normalement les plans de match sont arrêtés et il est temps de les valider.   Est-ce que les joueurs vedettes livreront?  Va-t-on découvrir des talents cachés qui vont nous surprendre?

Vous avez bien compris.  Il est ici question des élections générales au Québec.  Quoi, vous aviez pensé à autre chose? Je vous comprends.

Tous les partis sont donc sur la ligne de départ depuis le 27 août dernier et viennent de traverser leur premier weekend à la rencontre des électeurs et électrices.

Pour la première fois de l’histoire, ils sont cinq à courtiser la population, cinq à avoir des chances de remporter au moins un siège dans les 127 circonscriptions à travers le Québec.

Comment se portent les équipes au départ de ces 39 jours de campagne?

Rappelons d’abord que, lors de la campagne de 2022, la CAQ avait fait élire 90 députés sur 125, le PLQ 21, QS 11 et le PQ 3.  Le PCQ n’avait pas réussi à entrer à l’Assemblée nationale et ce, malgré 12,9% des voix.

À la dissolution de l’Assemblée, la CAQ a terminé avec seulement 79 élus, le PLQ 18, le PQ 7 , le PCQ 1 alors que QS est demeuré à 11.

Maintenant, quel est le portrait des sondages en ce début de campagne? Prenons une grande respiration.

Déjà les résultats de deux firmes diffèrent et ce, à deux jours seulement d’intervalle.  Le Léger du 23 août donne 30% au PQ, 23% à la CAQ et au PLQ, 16% au PCQ et 7% à QS alors que le Synopsis Recherche du 25 août donne quant à lui 28% au PQ, 27% à la CAQ, 20% pour le PLQ, 14% au PCQ et 10% à QS.

Dans ces deux coups de sonde, les indécis oscillent entre 16% et 18% et le Léger indique qu’autour de la moitié des électeurs pourraient encore changer d’ici le 5 octobre, jour du scrutin.

Continuons à regarder les chiffres. Selon qc125.com la région de Montréal voterait à 30% pour le PLQ, 26% pour le PQ, 21% pour la CAQ et 11% pour QS alors que celle de Québec serait à 28% pour le PCQ, 26% pour le PQ, 24% pour la CAQ et 12% pour le PLQ.

Ce qu’on appelle « les régions »?  33% pour le PQ, 29% pour la CAQ et 16% et 14% pour le PCQ et le PLQ, respectivement.

De tous ces chiffres, le site route127.ca prédit quant à lui une lutte serrée à moins de 3 points dans 23 circonscriptions partout au Québec.

Ça y est ?  Je vous ai perdu dans toute cette mer de chiffres? 

C’est normal, ce n’est pas une campagne comme les autres.

Cette fragmentation du vote raconte quelque chose de beaucoup plus profond : les réalités politiques sont loin d’être les mêmes partout au Québec. Plus que jamais, l’immensité et la diversité de notre territoire se reflètent dans les préoccupations des électeurs. Les enjeux qui feront bouger le vote à Montréal ne seront pas nécessairement ceux de Québec, de la Mauricie ou du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Et dans certaines circonscriptions, les enjeux locaux pourraient même prendre le dessus sur la campagne nationale.

À cette mosaïque régionale s’ajoute l’ombre menaçante, exaspérante, disons-le, de notre voisin du Sud, qui plane constamment sur la campagne. Une déclaration, une menace tarifaire ou un nouveau rebondissement peut soudainement déplacer la conversation.

Et quelque part flottant entre l’avant-plan et l’arrière-plan, demeure aussi la possibilité d’un autre débat référendaire au cours des prochaines années advenant l’élection du PQ.

Ce qu’on appelle « la question de l’urne » peut donc changer plusieurs fois au cours des prochaines semaines.

Mais, si on met de côté tout ce bruit et ces chiffres, que reste-t-il?

Les citoyennes et les citoyens.

Parce que, derrière les sondages, les stratégies et le tapage médiatique, il y a de vraies personnes avec de vraies préoccupations. Et le défi des partis au cours des prochaines semaines sera de réussir à les rejoindre, à les écouter et, surtout, à leur donner le sentiment d’être entendues et considérées.

C’est le temps de la rentrée scolaire… qui nous ramène rapidement les deux pieds sur terre. Les fournitures, les vêtements et les activités s’ajoutent à une facture d’épicerie qui ne cesse de grimper. L’essence dépasse les 2 $ le litre. Trouver un logement abordable est devenu un énorme défi. Des dizaines de milliers de Québécois attendent toujours un médecin de famille pendant que les urgences débordent.

Au-delà du bruit, c’est aussi sur ces réalités, et sur leur vision de l’avenir, que les partis devront convaincre les Québécois.

Parce qu’au bout de ces 39 jours, chaque électeur se retrouvera seul dans l’isoloir, devant son bulletin de vote. Et c’est probablement à des choses beaucoup plus simples qu’il pensera : qui peut améliorer ma vie?

Qui se soucie de l’avenir de mes enfants? De la qualité de vie de mes parents? Et à qui ai-je envie de confier la suite?

Mais, contrairement au hockey, chacune des 5 équipes va jouer simultanément contre chacune des 4 autres… Se liguer temporairement à l’une ou l’autre pour mieux éliminer un adversaire ou encore se peinturer toute seule dans un coin à cause d’une déclaration malheureuse… Et il n’y a peu ou pas d’arbitre pour appeler des punitions.

Reste maintenant à marquer des points, éviter de compter dans son propre but et convaincre les électeurs au moment où ça compte vraiment.

Et ça, bien malin qui peut le prédire.