Signé par : Véronique Lavoie


Montréal vient de vivre des semaines exceptionnelles sur le plan sportif. Les meilleurs cyclistes au monde ont roulé dans ses rues à l’occasion des Championnats du Monde Route UCI, puis, ce week-end, 35 000 participant·es ont pris part au Marathon Beneva de Montréal.

On parle ici de deux événements complètement différents. D’un côté, des centaines d’athlètes parmi les meilleurs au monde et, de l’autre, des milliers de coureur·ses de tous les niveaux. Ils sont pourtant liés par cette capacité de faire bouger une ville, dans tous les sens du terme. Ils ont rassemblé des athlètes et des spectateurs, bien sûr, mais aussi des entreprises, des institutions, des organisations sportives, des gouvernements, des bénévoles et des expert·es provenant d’une foule de secteurs.

Et en regardant tout ce monde travailler ensemble, je me suis dit une chose : on a de quoi être fiers de notre industrie des communications et de l’événementiel! Et ça, on ne le dit peut-être pas assez souvent.

Comme professionnelle de ce milieu, je ressens une immense fierté devant ce qui vient d’être réalisé collectivement. Derrière ces grands rendez-vous, il y a énormément de gens qui, pendant des mois et des années, mettent leurs expertises en commun autour d’une même mission, des organisations aux réalités très différentes qui apprennent à travailler ensemble, des équipes qui trouvent des solutions et des partenaires qui mettent l’épaule à la roue.

On parle beaucoup des retombées économiques, des visiteurs, des nuitées, des restaurants remplis et du rayonnement. Avec raison. Un grand événement génère aussi autre chose. Il permet à des entreprises et à des professionnel·les d’ici de faire leurs preuves, de créer des liens entre des organisations qui n’auraient peut-être jamais travaillé ensemble autrement et pousse toute une industrie à se dépasser.

Un grand événement dure quelques jours, mais les relations, les réflexes, l’expertise et les occasions qu’il génère durent beaucoup plus longtemps.

Ce savoir-faire développé et démontré ici peut ensuite voyager. Il peut servir d’autres événements et d’autres projets, ici comme ailleurs. Il renforce notre réputation et notre capacité d’attirer de nouveaux événements, de nouveaux partenaires et de nouvelles occasions d’affaires.

Et puis, il y a ce qu’un événement réussit à faire vivre. Un grand rendez-vous ne se limite pas à ce qui se passe sur le parcours. Il y a aussi tout ce qui l’entoure : la façon dont on en parle, dont on crée l’intérêt, dont on fait vivre l’expérience et dont on réussit à rejoindre des gens qui, au départ, ne se sentaient peut-être même pas concernés.

Une expérience forte et une communication bien pensée peuvent rendre un sport plus accessible, susciter la curiosité et donner envie de passer de spectateur à participant. Des enfants regardent Magdeleine Vallière rouler à quelques mètres d’eux, des gens découvrent des histoires touchantes comme celles de Karim ou d’Amanda et Spencer, qui les poussent à l’action, puis d’autres viennent encourager un proche et repartent avec l’envie d’essayer à leur tour. Pas nécessairement 42,2 km. Peut-être 5 ou 10. Peut-être simplement ressortir son vélo dimanche prochain. 

Créer un événement, c’est concevoir une expérience capable de laisser une empreinte durable et, parfois, d’inspirer de nouvelles façons d’agir. C’est aussi rassembler une industrie autour d’un projet commun et ouvrir des perspectives qui se prolongent bien au-delà de l’événement lui-même. 

Les médailles ont été remises et les rues ont rouvert. Mais ce que nous venons d’accomplir collectivement mérite de continuer à vivre.

Après la ligne d’arrivée, il reste beaucoup plus que des souvenirs. Il reste une expertise, des relations, une fierté et surtout, de nouvelles occasions.